Quand deux passions se rencontrent. La BD donc, et…les poètes du XIXème qui vécurent à Tarbes.

Parmi eux,
Jules Laforgue, né à Montevideo en 1860 et mort trop tôt en 1887 de la tuberculose. Il résidera à Tarbes de 6 à 16 ans : scolarité au lycée Théophile Gauthier,
maison rue Massey. Ce que l’on ignore souvent, c’est que le poète décadent des
Complaintes, le prosateur des
Moralités Légendaires, le
critique d’art, l’épistolier, prenait aussi la mine de plomb pour dessiner.
Installé à Paris, en 1879, Jules Laforgue collaborera à une revue toulousaine créée par un de ses anciens camarades de 4
ème du lycée :
La Guêpe
(hebdomadaire qui ne parut que neuf mois en 1879). Et d’avril à novembre de cette année, en plus des poèmes, chroniques parisiennes et études littéraires, paraîtront
vingt-et-un
dessins ou caricatures.
La Guêpe, une revue littéraire artistique et satirique de quatre grandes pages, était lue essentiellement dans le milieu étudiant.
Les dessins que livra Jules Laforgue sous les titres de
Balivernes ou
Zépherinades, consistaient en une ou plusieurs vignettes à raconter une histoire
drôle (humour potache et calembour).
«- A ta place j’appellerais ton cheval Eugène…- Pourquoi ?- Parce qu’il a de beaux harnais ». Il n’y avait pas de bulles, les textes
manuscrits (de la vraie patte de mouche !) tout de même, prenaient place sous l’image. Peu d’action, il s’agissait surtout de scènes dialoguées entre des personnages, sans décor.
Ces dessins n’ont pas été repris en album. On peut en voir des reproductions éparpillées au milieu des Œuvres Complètes de l’auteur parues aux Editions l’Age d’Homme. Donc pas de
cotation dans le BDM. Mais si vous en trouvez une planche originale, elle intéressera certainement quelques érudits et riches acheteurs de Drouot. Ces originaux sont inconnus encore
aujourd’hui et on ne connaît de la revue
La Guêpe, que deux collections complètes, une à la Bibliothèque Nationale et une à la Bibliothèque de l’Arsenal. Les Hautes Pyrénées sont
potentiellement un endroit où l’on peut en trouver quelques exemplaires. Dans les années 1950 quelques exemplaires avaient étés récupérés chez un médecin Bagnérais (il faut savoir qu’en plus de
Jules Laforgue d’autres collaborateurs de cette revue étaient bigourdans).
A vos greniers donc !